Joseph Nsiala1, Alphonse Nzomvuama2, Cédric Mutale3, Roger Kongo4, Richard Mvuala5, Stéphane Mutombo1, Soleil Bokongo1, Thierry Nsumbu1, Dany Lokanga5, Raphaël Mubunda5, Simon-Pierre Imbeya6

Correspondance
Joseph Nsiala Makunza, MD, PhD
Courriel : Mnsiala78@gmail.com
Département d’Anesthésie & Réanimation,
Cliniques Universitaires de Kinshasa,
Université de Kinshasa, RD Congo

Résumé

Contexte et objectifs. La pratique de l’anesthésie-réanimation pour chirurgie cardiaque dans les pays à ressources limitées est peu rapportée. L’objectif de cette étude était de décrire la prise en charge anesthésique et les résultats périopératoires des premiers patients opérés à cœur ouvert par une équipe congolaise. Méthodes. Il s’agissait d’une analyse rétrospective et descriptive des patients opérés à cœur ouvert sous circulation extracorporelle à la Clinique Ngaliema, lors de deux missions réalisées du 09 au 15 décembre 2019 et du 30 novembre au 05 décembre 2020. Les données préopératoires, peropératoires et postopératoires ont été recueillies à partir des dossiers médicaux. Résultats. Huit patients (âge moyen 40 ± 15,7 ans, 4 hommes & 4 femmes) ont été inclus. L’hypertension artérielle était prépondérante (4/6). L’EuroSCORE II moyen était de 4,8 ± 1,5. Une anémie (Hb <12 g/dL) préopératoire, était retrouvée chez 6 patients. Tous les patients ont bénéficié d’une anesthésie totale intraveineuse associant Propofol, Sufentanil et Atracurium. Les gestes chirurgicaux réalisés étaient une exérèse de myxome atrial gauche (2 cas) et une plastie mitrale avec annuloplastie par anneau 3D (6 cas). Les durées moyennes de clampage aortique et de circulation extracorporelle étaient respectivement, de 85,8 ± 32,8 et 141,2 ± 53,8 minutes. Une tamponnade postopératoire a nécessité une reprise chirurgicale. Un décès est survenu par insuffisance cardiaque réfractaire post-circulation extracorporelle. La mortalité globale était de 12,5 %. Conclusion. Cette première expérience montre que la chirurgie à cœur ouvert avec une prise en charge anesthésique structurée est faisable en RDC. Nos résultats sont encourageants et soutiennent le développement progressif d’un programme national durable de chirurgie cardiaque.

Mots-clés : Afrique, anesthésie-réanimation, chirurgie cardiaque, circulation extracorporelle, ressources limitées

Reçu le 14 mai 2026

Accepté le 6 juillet 2026

https://dx.doi.org/10.4314/aamed.v19i4.18