Pr Anatole Kibadi
Chirurgien plasticien – Chirurgien de la main
Fondateur et Chef du Service de Chirurgie Plastique et de la Main, Cliniques Universitaires de Kinshasa (CUK) – Université de Kinshasa (UNIKIN)
Professeur ordinaire, Faculté de Médecine – UNIKIN
Enseignant / Formateur, Collège Français des Enseignants de Chirurgie de la Main (France)

Déclaration de conflit d’intérêt : aucun.


L’ablation d’une bague d’alliance peut s’avérer nécessaire en cas d’œdème digital, de traumatisme ou de prise de poids. Parmi les techniques non instrumentales, la méthode du fil (“Ring Finger”) reste utilisée, mais elle peut être associée à des effets indésirables locaux. Cette étude décrit les complications observées après ablation de bague par fil et discute leur nature : erreur technique ou méthode devenue obsolète.

Il s’agit d’une étude observationnelle descriptive menée en République Démocratique du Congo, de janvier 2011 à juin 2025. Les variables recueillies étaient sociodémographiques, cliniques et évolutives, avec une attention particulière portée aux complications immédiates post-ablation. La technique consistait en une infiltration locale à la lidocaïne 1% non adrénalinée, la mise en place d’un garrot, puis l’enroulement et le roulement progressif d’un fil le long de la bague jusqu’à son extraction.

Trente-deux (32) cas d’ablation de bague par fil ont été colligés. Les femmes représentaient 62% des patients. Toutes les bagues concernaient l’annulaire gauche, avec un contexte fréquemment rapporté de prise de poids. Les complications observées étaient une douleur et une tuméfaction/œdème chez 100% des patients, ainsi que des irritations/éraflures dans 81% des cas. Aucune infection ni nécrose tissulaire n’a été notée.

Dans notre série, l’ablation de bague par technique du fil est associée à des complications locales fréquentes mais mineures, dominées par la douleur, l’œdème et les irritations cutanées. Ces complications ne semblent pas relever d’une erreur technique, mais plutôt des limites d’une méthode progressivement supplantée par des dispositifs modernes (pinces/coupe-bagues), potentiellement plus efficaces et moins iatrogènes.

Je vous remercie de votre attention.